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Peintures du Linceul

Trois Peintres du linceul du Christ : FOUQUET, MEMLING et RUBENS

Les textes qui ont inspiré les artistes

Les textes évangéliques de Matthieu, Marc et Luc parlent d’un LINCEUL dans lequel fut déposé Jésus de Nazareth au soir de sa crucifixion.

Ce grand tissu fut acheté par Joseph d’Arimathie.

Ce notable juif faisait partie du Grand Conseil qui avait condamné Jésus pour s’être présenté comme égal à Dieu.

Mais l’évangéliste Luc précise :  » Il y avait un membre du conseil nommé Joseph, un homme bon et juste, qui n’avait pas participé aux décisions et aux actes des autres: il était d’Arimathée, ville des Juifs, et il attendait le règne de Dieu. Il se rendit chez Pilate (aussitôt après la mort de Jésus) et demanda le corps de Jésus. Il le descendit de la croix, l’enveloppa d’un drap et le mit dans un tombeau taillé dans le roc où personne ne gisait encore…Le sabbat allait commencer  » (Luc 23.50-54, traduction NBS).

L’évangéliste Jean ajoute une précision:  » Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des juifs, demanda à Pilate d’enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit…Or, Nicodème vint aussi – qui était venu auparavant auprès de lui, de nuit – portant un mélange de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de bandelettes avec les aromates, selon la manière d’ensevelir chez les Juifs. Or, il y avait, à l’endroit où il avait été crucifié, un jardin, et dans le jardin, un tombeau neuf où personne encore n’avait été déposé. C’est donc là, à cause de la Parascève des juifs, parce que le tombeau était proche, qu’ils déposèrent Jésus » (Jean 19. 38-42, traduction L. Deiss)

Ultime précision: Matthieu, Marc et Luc emploient un mot grec dont la traduction première correspond bien à Linceul. Jean, par contre, choisit un autre mot qui peut désigner un grand tissu ou encore des linges différents qui peuvent évoquer tout à la fois, un grand drap, des bandelettes et un suaire, sorte de grande serviette. Ce qui explique la variété des traductions françaises.

 

Nous reproduisons ici quelques œuvres de peintres éminents. Selon leur perspective, Joseph d’Arimathie intervient dès le moment où Jésus est détaché de la croix. Et à partir de cet instant, le linceul est représenté.

Selon d’autres peintres, le linceul est utilisé seulement dans le tombeau, étendu sur une banquette. Jésus y est déposé et le linceul est rabattu sur la totalité du corps de Jésus.

Nous savons par l’histoire que le Linceul de Turin a été connu très certainement en Europe au moins à partir des années 1356. Les peintures ci-dessous mettent le linceul de Jésus en valeur dès les premiers instants de la descente de croix. Ces peintres semblent avoir particulièrement médité le lien entre le Linceul et Joseph d’Arimathie. Ils honorent la mémoire de Joseph et du linceul tout en même temps.

Petrus Paulus RUBENS

En 1612-1614, RUBENS réalise une descente de croix (actuellement à la cathédrale d’Anvers).

Depuis le haut de la traverse de la croix dont vient d’être détaché le bras de Jésus, jusqu’à Joseph d’Arimathie qui en tient l’extrémité, le linceul trace une coulée de lumière soulignant l’abandon total du crucifié entre les mains humaines. Jésus n’est plus rien: le voici « déposé » après s’être « livré » lui-même aux humains. Aux yeux du monde, il est « abaissé »: le linceul annonce déjà, par sa lumière, la résurrection et la « gloire ».

Depuis les hommes habitués aux travaux de force (ils sont deux, en haut, dont l’un associe à la force de son bras droit la puissance de sa bouche fermée sur le linceul pour retenir le poids du corps ) jusqu’à Marie Madeleine, sans oublier le disciple bien-aimé, puissante tache de couleur rouge qui semble à lui seul porter le Christ, tous ont les regards qui convergent avec ferveur sur le corps de celui qui a été transpercé et qui a porté le poids du péché du monde. Marie, s’efforce de toucher le bras de son Fils dans un mouvement exprimant toute son affection.

Jean FOUQUET

Le peintre Jean FOUQUET (1415- 1478 approximativement) représente ainsi la Pietà. Le linceul apparaît sous la forme de cet immense pièce lumineuse dont le drapé semble couler à partir de l’épaule de Joseph, le donateur , et achever sa course sous le corps de Jésus qu’il va recouvrir dans un instant. Est-ce ce drap qui enveloppe aussi partiellement Marie ? Le linceul unit tous les personnages dans un même mouvement d’affection.

(Peinture datant des années 1480/1485. Reproduite ici à partir du supplément de « La Vie », 11 mars 2004, p.53 . Cette peinture se trouve à Nouans-les-Fontaines (37) dans l’église paroissiale. Elle est parfaitement commencée par Laurence Crémière qui écrit: « Le voile de Marie, tissu épais aux plis taillés dans la matière et le linge sur lequel repose le Christ. Un même blanc, un même geste pictural »)

 

Michel Ange, en 1598/1599, sculptera dans le marbre blanc de Carrare, un drapé prestigieux associant le linceul et l’habit de Marie. Michel Ange est alors âgé de 23 ans. Il donne à Marie le visage d’une très jeune femme.

Quelques années plus tard, en 1616, RUBENS, reprendra le même thème de la « déposition de la croix » mais en modifiant le mouvement du corps dans le linceul et en multipliant les regards. Jean, cette fois, semble réellement tenir à lui seul le corps du Christ. Marie semble parler à Jésus, à l’oreille, tout en tenant le haut du bras tandis que Marie Madeline venère la main, déjà couleur de la mort, Joseph d’Arimathie est là, et c’est l’ultime morceau du linceul qui repose sur son épaule.

Cette descente de Croix de Rubens est exposée au Musée des Beaux-Arts de Lille.

Chaque expression de visage peut faire l’objet de notre méditation.

Nous sommes là, présents, comme l’un d’eux: proches, impliqués, admirant, découvrant le courage de celui « qui a donné son existence » non pas à la manière d’un esclave exécuté, d’un bandit puni par la justice, mais d’un homme libre: l’HOMME, le modèle de l’homme habité par l’AMOUR DE DIEU et la capacité divine de PARDONNER à ceux qui le mettent à mort ou le tournent en dérision. Le but de son existence n’a jamais été de prendre le pouvoir sur l’humanité mais de servir la libération deshumains par rapport à leur propension permanente: mettre la main sur les autres et faire sentir son pouvoir.

RUBENS vu par JOUVENET (XVIIème siècle)

Copie de Jouvenet formant le rétable central de l’église de St Hilaire de Riez (Vendée).

Noter la manière dont Jouvenet interprète l’utilisation de deux linges différents au moment où les disciples descendent Jésus de la croix.

Ce qui va être encore plus explicite dans la peinture de Lubin Baugin à la même époque.

Hans MEMLING

Vers 1475/1480, le peintre Hans MEMLING médite sur le moment qui sépare la descente de croix et la mise au tombeau. Il se réfère à Rogier van der Weyden. Le thème illustre ce qu’on appelle alors « la déploration ». Les proches de Jésus contemplent celui qui vient de donner sa vie et dont le centurion romain a proclamé: « Réellement, cet homme était juste » ou encore: « Vraiment, il était fils de Dieu, celui-ci » (Lc 23. 47 et Mat.27.54).

La paix des Justes se lit sur le visage du Christ, comme sur l’inimitable visage du Linceul de Turin. Memling rehausse la dignité du Seigneur Jésus en le représentant étendu sur le linceul, à même la terre sur laquelle s’épanouit la végétation annonciatrice du printemps de la vie. Marie , Jean et Marie-Madeleine semblent maîtriser leur souffrance en comprenant que Jésus a vécu en souveraine liberté en touchant le coeur des humains et en les attirant vers une meilleure manière de vivre.

Dans les deux peintures de la déploration, l’œil attentif découvre, sur la gauche de l’épaule de Madeleine) le tombeau (style XV ème siècle, et non grotte creusée dans le roc) que sont en train d’ouvrir d’autres disciples, Joseph et Nicodème. C’est la manière, pour le peintre, d’annoncer la découverte du tombeau vide au matin de Pâques. La mort n’aura pas le dernier mot: celui-ci appartient à la Vie, puisqu’il appartient à Dieu qui est la Source de la Vie.

Autre vision de la « déploration » par Memling. Les peintres n’hésitaient jamais à faire des « copies » de leurs propres oeuvre, ou de les confier aux peintres travaillant dans leur ateliers. Le « maître » définissait les grandes lignes du thème, dessinait les personnages principaux et définissait les couleurs. Lorsque les « élèves » avaient bien avancé dans le travail, le maître ajoutait sa touche personnelle et finissait l’oeuvre avant de la signer.

( Triptyque d’Adrianna Reins, 1480, Bruges)

Ce qui nous intéresse ici, c’est bien la façon dont le Maître Memling conduit notre méditation sur ce bref moment de la déploration devant la mort du Juste qui vient d’entrer dans le sommeil de la mort .Le travail du deuil de Marie, de Jean et de Marie-Madeleine commence. Il sera interrompu dans trois jours par l’annonce de la résurrection , traduite par le mot qui met fin au sommeil de la mort: « Il s’est réveillé ».